Un écran anti-napoléonien (III) an anti-Napoleon hand screen (III) |
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Dans ce qui constitue manifestement la même série, nous trouvons un certain nombre d'autres fables.
Nathalie Rizzoni, qui a consacré déjà diverses études aux rapports entre écrans du XVIIIe siècle et théâtre ou littérature, a publié un article fort intéressant : "La Fontaine et l'Ecran - Un média inédit au service du poète aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles" (Le Fablier, n° 26, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, EPURE, Reims, 2015, p. 97-142). Elle y présente (p. 121 et diverses illustrations) une série d'écrans qui, quoique d'une forme différente, s'ornent de fables de La Fontaine imprimées, manifestement de la même série que l'objet ici étudié. Outre notre écran, elle cite (p. 121) "Le Corbeau et le Renard" (I, 16) et "La Poule aux œufs d'or". Nathalie Rizzoni considère que les estampes figurant sur la face des écrans dont les revers portent ces fables sont "sans rapport avec le sujet". Nous avons vu qu'en ce qui concerne "Le Geai paré des plumes du Paon", si nous sommes d'accord que l'image n'illustre pas le texte de la fable, nous considérons pourtant qu'elle n'est pas sans lien avec sa morale.
Nous possédons dans notre collection deux autres écrans de cette série, montrés ci-dessous. L'un est orné de la fable "Le Loup et la Cigogne" (II, 7) ; sur le recto nous trouvons un chinois debout, la main droite levée avec 2 doigts fermés. Avouons que nous ne trouvons pas de rapport entre les deux faces de cet écran : mais peut-être les méandres de la politique internationale en fournissent-ils ? Le deuxième écran montre au verso "La Lice et sa compagne" (III, 9); un homme en costume Henri III ( "mignon" ?) debout dans une attitude et un vêtement précieux. Mais dans les deux cas les images rectangulaires ont manifestement été rapportées sur des encadrements qui attendaient des illustrations rondes. Il est de toute façon clair que sur bien des écrans, il appartenait à l'acheteur d'organiser (ou de réorganiser) les illustrations comme il l'entendait, tant il est clair que les écrans pouvaient être vendus décorés, mais aussi que les estampes destinées aux écrans étaient vendues séparément, et que des illustrations à l'origine destinées à d'autres usages pouvaient se retrouver collées à des écrans...
Si l'un des visiteurs de ce site connaissait l'éditeur et la date d'édition de cette série d'estampes, et si elles ont été utilisées à d'autres fins que la décoration des écrans, nous en serions bien sûr très heureux...
(voir texte sous les illustrations)
Coll. CPHB
La Lice et sa Compagne
Livre II - Fable 7
Une lice étant sur son terme,
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la lice s'enferme.
Au bout de quelque temps sa compagne revient.
La lice lui demande encore une quinzaine ;
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu'à peine.
Pour faire court, elle l'obtient.
Ce second terme échu, l'autre lui redemande
Sa maison, sa chambre, son lit.
La lice cette fois montre les dents, et dit :
« Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
Si vous pouvez nous mettre hors. »
Ses enfants étaient déjà forts.
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,
Il faut que l'on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.Le Loup et la Cigogne
Livre III - Fable 9
Les loups mangent gloutonnement.
Un loup donc étant de frairie,
Se pressa, dit-on, tellement
Qu'il en pensa perdre la vie.
Un os lui demeura bien avant au gosier.
De bonheur pour ce loup, qui ne pouvait crier,
Près de là passe une cigogne.
Il lui fait signe; elle accourt.
Voilà l'opératrice aussitôt en besogne.
Elle retira l'os; puis, pour un si bon tour,
Elle demanda son salaire.
«Votre salaire? dit le loup:
Vous riez, ma bonne commère!
Quoi! Ce n'est pas encor beaucoup
D'avoir de mon gosier retiré votre cou?
Allez, vous êtes une ingrate;
Ne tombez jamais sous ma patte.»